05 octobre 2009
LE GRAND EXODE RUSSE - EUROPE 1917-1939 - édition YMCA-PRESS, 2009
LE GRAND EXODE RUSSE - EUROPE 1917-1939 - édition YMCA-PRESS, 2009
Parution du Grand Exode Russe d’Andreï Korliakov aux éditions YMCA-PRESS
Album en noir et blanc consacré à la dispersion russe (plus de 1600 photos inédites)
Textes en français et en russe.
РУССКАЯ ЭМИГРАЦИЯ В ФОТОГРАФИЯХ
1600 photographies – pour la plupart inédites – du grand exode russe à travers Constantinople et Gallipoli, Lemnos et Salonique, Chypre et Malte, Bulgarie et Yougoslavie, Albanie et Tchécoslovaquie, Pologne et Roumanie, Finlande et Estonie, Lettonie et Lituanie, Angleterre et Norvège, Danemark et Allemagne, Belgique et Luxembourg, France et Suisse, Italie, Monaco et Espagne dans la série l’Emigration russe en photos, 1917-1947.
Partout se formèrent des colonies russes – des Russies en miniature. Partout l’on pouvait voir des enseignes russes aux devantures des magasins et des ateliers, des fabriques et des usines, des salons de coiffure et des imprimeries. Des églises orthodoxes, des écoles, des associations, des lieux de réunion, des restaurants, des cabarets, et, partout, le flash du magnésium ou le simple clic-clac du mécanisme d’un appareil d’amateur. Tout cela finirait bientôt, et l’on aurait des souvenirs à évoquer.
Mais ce n’est qu’un début. Bientôt paraîtra la deuxième partie du Grand Exode Russe, celle qui concerne le Japon, la Chine, les Philippines, l’Australie, l’Inde, l’Afrique, l’Amérique du Sud et du Nord et d’autres coins du monde qui ont accueilli les émigrés russes.
"Qui aurait pu penser que les photographies de famille deviendraient pour de longues années des émigrées avec ceux qu’elles représentaient ?
Tous ceux qui quittaient la Russie, sans exception, ont essayé de conserver ce qu’ils avaient de plus cher et de plus intime : les photographies de leur famille et de leurs proches. Le commandant de l’Armée blanche, le baron Wrangel, s’était donné beaucoup de mal en quittant Sébastopol pour emporter avec lui des photographies et des documents d’archives. Mais, le 15 octobre 1921, en rade de Constantinople, l’Adria, un navire italien, heurta à pleine vitesse le yacht Lukull qui coula en deux minutes et s’enfonça à une profondeur de 16,5 sagènes. On ne put sauver qu’une moitié des papiers d’un grand intérêt, des icônes serties de pierres précieuses, des photographies éparses et d’autres objets personnels. Le reste disparut.
Une partie de l’armée se réfugia à Gallipoli, l’autre à Lemnos. L’escadre se dirigea vers Bizerte. Dès les premiers jours de vie en territoire étranger, on assiste à la création de laboratoires photographiques. À Gallipoli, c’est le lieutenant Paul Kritski qui dirigeait un laboratoire de ce type.
L’idée était simple : l’exil ne durerait pas longtemps, on serait bientôt de retour en Russie et, alors, dans le cercle des proches et des amis, on aurait des souvenirs à évoquer en revoyant ces photographies.
Aussi les tirages se font-ils sous la forme de cartes postales à envoyer par la poste, ou même de petits blocs de photographies intitulés L’Armée russe à Gallipoli.
Le baron Wrangel dispose d’un exemplaire de chaque cliché où sont fixés les moments de la vie quotidienne des troupes en exil : les baraquements des soldats, les exercices de tir, l’entraînement sportif, la pose de la première pierre et la consécration d’un monument dédié aux victimes et aux prisonniers de la guerre russo-turque et de la guerre civile, les longues files de soldats russes portant des briques pour l’édification du monument, les enfants des militaires pendant leurs jeux, la chapelle de campagne, les taudis dans lesquels certains des combattants devaient vivre, la lecture du journal mural et même une vue d’un mur décoré avec le motif du Kremlin de Moscou, afin que personne n’oublie la patrie à laquelle on avait été arraché....."
Andreï Korliakov
EN VENTE DES 29 SEPTEMBRE 2009 AU PRIX DE 80 EUROS
CHEZ L'AUTEUR (AU 16 RUE FREMICOURT, 75015, PARIS)
TEL : 0610390435.
Mail : korliakov@emigrationrusse.com
A voir absolument ici le site d'Andreï Korliakov
Les bibliothèques peuvent s’adresser directement à l’auteur pour passer commande de l’ouvrage.
19:50 Publié dans histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ymca-press, andrei korliakov
21 septembre 2009
Colloque international à Strasbourg
Colloque international
du 30 septembre au 2 octobre 2009 Université de Strasbourg bâtiment Le Portique, salle 409
Groupe de recherches « Europe des Lettres », dans le cadre de l'équipe d'accueil Configurations littéraires (EA 1337)
Programme
Mercredi 30 septembre
à partir de 8:45 h accueil des participants
9:00h ouverture officielle du colloque
9:30h S. Philonenko / T. Victoroff / Ch. Krauss: présentation de la problématique
I. L'émigration russe en France : multiples visages
10:00h – 11:00h (président de séance : Pierre Hartmann)
Nikita Struve (Université Paris 10) : Les trois vagues de l'émigration russe consécutives à la révolution (1918-1988)
Dominique Desanti (Paris) : Le regard d'une adolescente française sur les intellectuels russes émigrés dans les années 30
11:00h – 11:30h pause
11:30h – 12:30h
Andrei Korliakov (Paris) : Le grand exode russe : tous les chemins mènent en France (Présentation de l'exposition de photos)
Hélène Ménégaldo (Université de Poitiers) : Entre stéréotypes et clichés : l'émigré russe et ses avatars
12:30h – 14:30h midi
II. Figures de l'émigré russe dans la France du XIXe siècle
14:30h – 16:00h (président de séance : Jean-Pierre Morel)
Michel Cadot (Université Paris 3) : Le général Dourakine de la comtesse de Ségur, et le prince Noronsoff de Jean Lorrain. Deux figures romanesques franco-russes.
Charlotte Krauss (Université de Strasbourg) : Les dangereux attraits de l'émigrée russe, vus par la fiction française de Balzac à Lorrain
Véra Milchina (Université en sciences humaines de Moscou, Russie) : Réécrire les Mémoires d'outre-tombe. La réception insolite de l'oeuvre de Chateaubriand par un émigré russe, Wladimir Pétcherine
16:00 – 16:30h pause
16:30h – 18:00h (président de séance : Michel Cadot)
Eléonore Reverzy (Université de Strasbourg) : Fonctions du révolutionnaire: le personnage de Souvarine dans Germinal de Zola
Françoise Genevray (Université Lyon 3) : « Ici finit tout noble souvenir » : Herzen en France
Yves-Michel Ergal (Université de Strasbourg) et Marie-José Strich (Paris) : Née Rostopchine : la Comtesse de Ségur
19:00h Réception au consulat de Russie
Jeudi 1er octobre
III. Nouvelles rencontres : regards russes, regards français
9:00h – 10:30h (président de séance : Pascal Dethurens)
Jean-Pierre Ricard (Bordeaux) : Du boyard au rastaquouère : avatars d'un stéréotype dans le roman populaire français à la fin du XIXe siècle
Cynthia Evariste (Paris) : Les Duchesses russes, ces « coeurs purs », dans le théâtre français des années 1920-1930
Alexandre Bourmeyster (Université de Grenoble) : L'émigré russe des "années folles" à Paris, dans l'oeuvre de Joseph Kessel
10:30h – 11:00h pause
11:00h – 12:30h (président de séance : Nikita Struve)
Régis Gayraud (Université Clermont-Ferrand 2) : Iliazd ou le refus de l'émigration
Martina Stemberger (Université de Vienne, Autriche) : «Paris, c'est notre but à tous, n'est-ce pas ?» Exils russes chez Paul Morand
Nicolas Di Méo (Université de Strasbourg) : Entre décadence et appel de la patrie : les émigrés russes chez Paul Morand
12:30h – 14:30h midi
IV. La première vague d'émigration au féminin
14:30h – 16:00h (président de séance : Hélène Ménégaldo)
Sonia Philonenko (Université de Strasbourg) : Nadiejda Teffi – La condition d'émigré à travers le prisme du discours
Gayaneh Armaganian (ENS Lyon) : Figures de l'émigré russe dans l'oeuvre de Nina Berberova
Olga Blinova (Strasbourg) : L'exil dans l'oeuvre de fiction de Zinaida Gippius : entre l'inacceptable et l'irréalisable
16:00 – 16:30h pause
16:30h – 18:00h (président de séance : Cécile Vaissié)
Annick Morard (Université de Genève) : La prose d'Ekaterina Bakounina : une tentative féministe de (re)construction de soi
Olga Korchevskaïa (Université de Crimée, Ukraine) : L'émigrant russe dans le roman de Jacques Croisé (Zinaïde Schakhovskoy) Sortie de secours : A la recherche d'une identité nationale
Danièle Beaune-Gray (Université d'Aix en Provence) : A.V. Holstein (1850-1936) : La fiction idéologique dans le miroir de l'émigration
18:00 – 18:30h pause
18:30h Soirée lecture en coopération avec l'Action culturelleTextes lus par Hugues de la Salle, Amélie Enon et Kévin Keiss, élèves de l'école du Théâtre National de Strasbourg (Groupe XXXIX, sections dramaturgie et mise en scène)
Vendredi 2 octobre
V. Représentations et mises en scène
9:00h – 10:30h (président de séance : Claude de Grève)
Michel Aucouturier (Université Paris 4) : L'image de l'émigré russe dans l'oeuvre de Gaïto Gazdanov
Gervaise Tassis (Université de Genève) : La figure de l'exilé russe dans les romans de Iouri Felzen
Maria Rubins (Université de Londres) : Figures de l'émigré russe dans les écrits d'Irène Nemirovsky
10:30h – 11:00h pause
11:00h – 12:30h (président de séance : Sonia Philonenko)
Agnès Edel-Roy (Université Paris 3) : L'au-delà nabokovien de l'exil français
Tatiana Victoroff (Université de Strasbourg) : "J'entendis une voix qui m'appelait" le dialogue d'Anna Akhmatova avec les émigrés
Michaël Meylac. (Université de Strasbourg) : « Ballets Russes » et « la russification » du ballet mondial
12:30h – 14:30h midi
VI. Nouvelles générations et échos de l'émigration russe en France
14:30h – 16:00h (président de séance : Michel Aucouturier)
Jean-Pierre Morel (Université Paris 3) : Le rôle de la France dans le Journal 1970-1986 d'Andréï Tarkovski
Georges Nivat (Université de Genève) : Le mythe de l'émigration chez Soljenitsyne
Cécile Vaissié (Université Rennes 2) : Saperlipopette ! Victor Nékrassov, Prix Staline et badaud parisien
16:00h – 16:30h pause
16:30h – 18:00h (président de séance : Véra Milchina)
Louba Jurgenson (Université Paris 4) : Enfance de N. Sarraute et La Promesse de l'aube de R. Gary : le récit et la construction d'une identité hybride par deux écrivains émigrés français
Olga Ouchakova (Université de Tioumen, Russie) : English Contacts of Russian Exiles: Paris as a Cultural Cross-Roads
Claude de Grève (Université Paris 10) : Les émigrés russes comme acteurs du renouvellement de la critique de la littérature russe en France, au XXe siècle
18:00h Conclusion
18:15h Fin du colloque
Informations pratiques
contact *
Charlotte Krauss (ckrauss@unistra.fr)
Tatiana Victoroff (tatiana.victoroff@gmail.com)
salle
14, rue René Descartes - bâtiment Le Portique, salle 409
programme actualisé
22:05 Publié dans Ecrivains, poètes, histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, russie, victoroff tatiana
05 mai 2009
Emigrantchtchina
Emigrantchtchina
(Riznitsa de l'église de Vladimir Smolensky. Paroisse de la Pésentation de la Vierge au Temple, rue Olivier de Serres à Paris.)
Emigrantchtchina
Une ampoule nue éclaire la cuisinière à gaz, elle est accrochée à un fil torsadé trop long, luisant de graisse de cuisine. La lumière est tamisée par un dépôt gras et collant. Quelques bouteilles étoilées de vin du Rocher encombrent l'étroit espace entre la table et le mur, sur l'étagère parmi les pots et les piles de journaux, un œuf rouge duveté de poussière et un moule à paskha en bois marqué d'une croix orthodoxe se tiennent compagnie.
En sortant de la cuisine il faut se déplacer avec précaution pour arriver à la chambre, longer un couloir dont les murs sont couverts par un assemblage d'étagères disparates, disposées les unes sur les autres au fur et à mesure des besoins. La porte ne s'ouvre pas complètement, elle est bloquée par une multitude de sacs accrochés et une pile de Figaro plaqués contre le mur. Un caddy écossais aux roues rafistolées surmonte le tout.
Le silence de la rue Lacretelle accentue le malaise. La chambre se découvre comme une tombe cachée au fond d'une pyramide. Un amoncellement de livres recouvre tout l'espace autour d'un lit recouvert d'un tissu à fleurs de mauvais goût. Les gros dictionnaires soutiennent des planches curieusement penchées, des centaines de livres en rangées, en piles, en vrac semblent tous pencher dans le sens opposé pour rétablir un équilibre instable, quelques albums coincés droit entre deux planches retiennent des vagues des petits recueils de poésie écrasés par le poids de leurs voisins, les étagères du haut sont noyées de poussière, une neige grise uniforme et douce qui protège tout.
Tout en bas, près de l'oreiller, un petit coin abrite les icônes, elles aussi sont blotties les unes contre les autres, une petite population de saints guerriers ou ascétiques entourent une icône de la Vierge. Un ange aux ailes rabattues comme un oiseau qui s'est posé trop vite occupe une place particulière, à ses pieds une petite coupelle d'huile verdâtre avec une mèche noircie, des petits cierges jaunes tordus et presque entièrement consumés, des branches de buis desséchées.
Ici vivait un célèbre poète de l'émigration russe, Vladimir Smolensky, mort en 1961 et aujourd'hui oublié. Il travaillait dans une usine métallurgique, devint comptable, vécut dans la pauvreté.
- «Je suis comptable chez un marchand de vin, autrement dit «je compte les bouteilles des autres!», disait il à Zinaïda Schakovskoy.
Mon propos n'est pas de magnifier une fois de plus les « poètes maudits » mais d'essayer de dissiper un malaise tant de fois ressenti.
Ce petit monde des émigrés russes fut le mien à Paris dans les années 60/70 avec ses paroisses, ses écoles russes, ses épiceries et ses associations. Leur Russie n'était plus réelle et leur vie était maintenant enracinée dans leurs pavillons de banlieue. Ce monde avait ses repères, Sainte Geneviève des bois et l'incongrue statue d'un éléphant blanc qui servait d'indicateur lorsque l'on arrivait de Paris, la Pensée russe pour sa rubrique nécrologique, l'épicier arménien que l'on disait « russe » par habitude, la librairie des Editeurs Réunis qui n'était pas « soviétique », et bien sûr « Daru », « Saint Serge » « Olivier » ou « Exelmans ».
Les enfants allaient aux camps de l'ACER ou des Vitiaz et hissaient les couleurs russes en criant «Pour la Russie et pour la foi !» sans imaginer un seul instant la réalité de ce pays si éloigné d'eux. Leur vie était ici, entre le feu de camp, l'orchestre de balalaïka et le sentiment d'être « à part » d'être russes comme on serait membre d'une société secrète ayant ses rites jalousement gardés, ses rivalités et son histoire. Et leur histoire est ancrée ici en France, encrée par des livres en russe qu'ils ne lisent pas, qui appartenaient à Baboulia qui ne les ouvrait plus ; sur sa table de nuit traînait un Simenon qu'elle ne terminait jamais. Les enfants accompagnaient leur grand-mère à l'église le Jeudi Saint, pour les 12 évangiles, il y avait toujours ce vieux cosaque qui arrivait en retard et qui parlait trop fort pour demander si on avait déjà lu le passage du « brigand ». Après, ils sortaient dans la rue portant une bougie allumée protégée par un verre en carton. Dans le wagon du métro, ils remarquaient d'autres enfants comme eux, des personnes âgées tenant un petit gobelet à la lumière tremblotante comme celle d'un lampion. Il fallait ramener la bougie à la maison sans qu'elle ne s'éteigne, un jeu autorisé une seule fois dans l'année !
Les grands-parents parlaient assez peu de la Russie. Ils allaient aux réunions littéraires, religieuses ou politiques pour retrouver Anna Petvovna, ou Lioubotchka arrivée de Montauban. Ils gardaient leurs souvenirs pour eux mais publiaient parfois à compte d'auteur des mémoires tirés à 200 exemplaires et offerts le plus souvent à la même Lioubotchka et Anna Petrovna.
Ils parlaient un russe aujourd'hui totalement oublié, émaillé d'expressions françaises, pour se renseigner sur le nombre de places qu'il restait dans la tombe de Boris Glebovitch à Sainte Geneviève des bois, ou sur la difficulté de trouver du fromage blanc bien sec pour la paskha.
Ils ont vécu en oubliant un retour possible chez eux, comme une jeunesse que l'on ne retrouve jamais. Comme beaucoup de ceux qui ont traversé les profonds traumatismes de la guerre et de l'émigration, ils ont essayé de transmettre à leurs petits-enfants une certaine légèreté de la vie plutôt qu'un patriotisme pour un pays disparu. Chacun gardait sa Russie en lui qu'il retrouvait en lisant Bounine, Smolensky ou en visitant ses camarades de guerre.
Aujourd'hui l'émigration russe est l'objet de colloques, d'études et de publications, la Russie retrouve son histoire passée et se réapproprie l'immense héritage artistique, littéraire laissé par ses émigrés. Les chercheurs font un travail extraordinaire, passionné et sincère, mais ils ne sont pas les seuls à se pencher sur cette question. Les médias officiels russes avec le soutien des autorités ont entrepris depuis quelques années de glorifier une émigration dont ils donnent une image officielle noyée dans un pathos patriotique et centrée sur le thème de la « réconciliation ». Une armée blanche mythifiée, des transferts de tombes en grande pompe, des séries télévisées, rien n'est négligé pour affirmer que cette émigration est avant tout russe et que seule la Russie a la légitimité de la représenter. Rémizov, Bounine, Dénikine, Koltchak, Wrangel, Rachmaninoff sont récupérés sans états d'âme, mais parmi eux on ne retrouve jamais le père Igor trainant son caddy à provisions en remontant la rue Lacretelle, se dépêchant de rentrer à temps pour le match de foot.
C'est ici, en France qu'il faut construire une histoire des émigrés russes, sauvegarder le souvenir de ce qu'ils ont vécu, de ce qu'ils ont créé. Longtemps nous avons parlé de « conservation » par les émigrés d'une Russie dévastée par la révolution, il est temps de parler de l'immense richesse apportée à la France par ce petit peuple. Il est temps de préserver leur mémoire à eux où la rue Lacretelle, les usines Renault où ils ont travaillé, les églises construites dans des garages auraient une petite place, bien loin de la Place Rouge.
En 2017 la Russie va « commémorer » l'anniversaire de la révolution. Cette date n'est pas si lointaine maintenant. Nous allons de nouveau assister à la glorification de cette Russie unie parlant à l'unisson de New-York à Magadan en passant par Paris, Prague ou Berlin !
Des « représentants » triés sur le volet pour leur amour de la mère patrie vont se rendre à Moscou les valises pleines d'archives qu'ils offriront devant les caméras à des représentants du ministère de la culture avant de se rendre à une réception, recevoir une médaille et rencontrer M. Poutine en personne.
Ce petit texte, certes un peu confus, n'est pas polémique, il est simplement le reflet d'une grande tendresse et profonde tristesse pour un monde qui disparait à mille lieues des fastes du Kremlin.
Dépêchons nous de sauvegarder, ici en France, ce qui reste de nos souvenirs d'enfance, de préserver les traces de tous les père Igor, Lioubotchka ou Boris Glebovitch. Travaillons avec les chercheurs russes, malgré parfois la désagréable impression de voir la vie de nos familles observée comme insecte sous la loupe. Unissons nos efforts pour préserver ici tout ce qui peut l'être encore.
Ici en France personne ne le fera à notre place.
A.E
Lisez ici sur le même thème un très beau texte de Charlotte Waligora
16:41 Publié dans Ecrivains, poètes, histoire, Images emblèmatiques de l'émigration russe | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : littérature, russie
04 février 2009
Emigration russe Marina Tsvetaeva
Le Messager Orthodoxe, le Vestnik
et les amis d’YMCA-Press
année 2008-2009
ont le plaisir de vous inviter aux
soirées consacrées à la culture russe
La prochaine réunion aura lieu
le lundi 9 février à 18h 30 et sera consacrée à
MARINA TSVETAEVA
avec la participation des éditeurs du premier volume des œuvres de Tsvétaéva en français paru en janvier 2009 (Prose autobiographique)
· Tsvétan TODOROV (essayiste)
· Véronique LOSSKY
Librairie « Les Editeurs Réunis »
11, rue de la Montagne Sainte –Geneviève
Paris, 5ème
Métro Maubert-Mutualité
15:45 Publié dans Ecrivains, poètes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, tsvetaeva, lossky
24 décembre 2008
Valia Kropivnitskaya est décédée mardi 23 décembre à Paris
Valia Kropivnitskaya (née le 14 février 1924) est décédée hier, mardi 23 décembre à Paris. Artiste très discrète elle dessinait au crayon des personnages mi hommes mi animeaux dans un univers imaginaire d'une grande tendresse. Ses dessins ne peuvent être confondus avec aucun autre. Elle émigre à Paris en 1978 où elle continue à travailler en utilisant des crayons de couleur.
Valia était la femme du célèbre peintre Oscar Rabine
Во вторник вечером в Париже после продолжительной болезни скончалась российская художница Валентина Кропивницкая.
Кропивницкая, супруга известного художника Оскара Рабина, родилась 14 февраля 1924 года в Москве. Ее отец — Евгений Кропивницкий — был известным поэтом, художником и композитором. В 1950-х годах вокруг него образовалась так называемая «Лианозовская школа», куда входили брат Кропивницкой, Лев, ее муж Оскар Рабин, а также ряд известных художников и поэтов.
Валентина Кропивницкая вместе с мужем эмигрировала во Францию в 1978 году. В 2007 году в ГМИИ им. А. С. Пушкина состоялась выставка ее работ, на которой также были представлены произведения ее мужа Оскара Рабина и сына Александра Рабина.
Source Lenta.ru
16:05 Publié dans Art, Dissidence | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kropivnitskaya, art, russie






