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Natalia Gorbanevskaya

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Chers amis, 

 

Un mot sur la soirée de vendredi 17 Décembre, première séance du cycle que nous allons tenter d'organiser autour de dissidents. Malgré les montées de fièvre et les chutes de neige, la salle était pleine. Nous avons dû installer des chaises dans la petite église jouxtant la salle de conférence.  Natalia Gorbanevskaya, avec la précision et la modestie qui la caractérisent, a évoqué (en français) les points suivants : 

 

- L'invention et la signification du mot "dissidence".

- La naissance de sa vocation de défenseur des droits de l'homme : la diffusion en samizdat de la poésie non-autorisée, les rencontres avec Anna Akhmatova (chez qui elle a recopié Requiem, poèmes sur la terreur stalinienne) et avec de jeunes poètes. Bref, la poésie comme fil directeur vers l'action civique.

- L'effet de boule de neige qui a commencé à jouer avec les premières arrestations, les procès, les récits des camps, les lettres de protestation, les manifestations sur la Place Pouchkine à Moscou... Natalia a donné un tableau très précis et vivant de l'émergence du mouvement pour les droits de l'homme dans les années 1950-1960. Elle a insisté sur le caractère individualiste et éthique de cette démarche.

- La Chronique des événements en cours (que l'on peut consulter, en russe, à l'adresse suivante : http://www.memo.ru/history/DISS/chr. Voir notamment le n° 15 sur le procès de Natalia Gorbanevskaya) que Natalia a créée et dont elle a été le premier rédacteur jusqu'à son arrestation. 

- La manifestation sur la Place Rouge du dimanche 25 Août 1968, avec sept autres personnes, pour protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie. Elle a raconté le déroulement de la manifestation, a insisté sur la honte dont elle est parvenue à se décharger durant ces quelques minutes de liberté et sur la joie éprouvée de se sentir en accord avec sa conscience. 

 

Fatiguée par une heure et demi de conférence, Natalia a arrêté son récit en 1969, année durant laquelle elle a eu le temps d'écrire Midi Place Rouge, récit de la manifestation et du procès de ses participants. Elle a répondu à quelques questions. Mais elle n'a pas eu le temps d'évoquer son arrestation fin 1969, sa détention, la répression psychiatrique, la libération, le départ en France en 1975, la manière dont elle a vécu la Perestroïka et la chute de l'URSS. Elle n'a pas non plus eu le temps d'analyser la situation actuelle en Russie, évoquant seulement le report du verdict dans le procès Khodorkovski. Bref, nous allons laisser passer quelques mois et certainement réinviter Natalia pour écouter la suite.

Vers 10 heures, elle a dédicacé ses ouvrages, tandis que l'on pouvait acheter des livres sur la dissidence au stand installé par la librairie des Editeurs Réunis. Le buffet russe s'est immédiatement ouvert. Une très belle soirée. 

 

Pour en savoir plus, il faut se reporter au livre Midi Place Rouge (Robert Laffont, 1970), disponible sur les sites de vente en ligne. 

 

Je vous tiendrai informé de la suite des événements.

 

Merci beaucoup à tous ceux qui sont venus, ont participé, aidé, se sont intéressés... A bientôt et bon Noël.

 

Michel E.

 

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