22 février 2008
"L'exil russe" de Catherine Gousseff
L'exil russe -La fabrique du réfugié apatride de Catherine Gousseff aux éditions CNRS, dans la série Histoire.
"France terre d'asile? Dans les années 1920, la France accueille près de 80 000 russes ayant quitté leur pays à la suite de la révolution, plus que la plupart des pays européens.
Comment répondre à cet afflux de population? où les installer? Quel statut leur accorder? Ces questions ne relèvent pas de la seule politique intérieure française : elles acquièrent avec la création du Haut Commissariat aux Réfugiés une dimension internationale.
au croisement du droit, de la diplomatie et de la sociologie, Catherine Gousseff nous relate l'élaboration du statut de réfugié. Elle met particulièrement en avant l'assistance des associations caritatives et le rôle politique des élites russes auprès de la Société des nations.
Catherine Gousseff, chargée de recherches au CNRS et membre du Centre d'études des mondes russe, caucasien, et est-européen, apublié Retours d'Urss. Les prisonniers de guerre et les internés français dans les archives soviétiques (1941-1954)
Un livre attendu. Loin du pathos habituel dès qu'il s'agit de l'émigration russe, Catherine Gousseff rétablit des chiffres, des lieux. Elle reconstitue les parcours des émigrés russes depuis leur départ de Russie jusqu'à l'arrivée en France, principal pays d'accueil des russes dans les années 1920.
Voici un court extrait de l'introduction.
"Le mythe français du "Russe blanc"
La France, le plus grand pays d'accueil des réfugiés ; c'était là dans les années 1920 une évidence, tant l'arrivée des russes y fit sensation. Ils incarnaient la face inverse de la Révolution ; celle des nantis déchus, et cela ne pouvait éveiller que passion et compassion. Leur situation suscita l'imaginaire français avec une rare intensité. Le cinéma, la littérature, la presse racontaient sur tous les registres les nombreux épisodes de leur épopée, de la grandeur à la décadence. La mode russe, investie par les fantasmes qu'éveillait un monde si brutalement révolu, inonda la scène parisienne : haute couture, parfums, jouets, cigarettes, restaurants, cabarets, chacun tenait à se prévaloir du "cachet russe". Et "l'âme slave" à la mode invitait à exalter le lyrisme expressif des émotions, des plus pathétiques aux plus excentriques.... L'arrivée des russes déclencha un phénomène culturel, certes circonscrit, mais étroitement lié aux Années Folles. Dans la mémoire française de l'émigration russe ces année-là occupent une place majeure. Cette mémoire a gardé en nombre des faits exceptionnels ou romanesques, bien plus qu'elle n'a conservé les traces tangibles de l'existence concrète des réfugiés dans la vie sociale de l'époque. Les représentations de l'émigration russe se sont forgées dans un curieux mélange de fiction et de réalité, cristallisé dans le stéréotype vivace du "Grand prince devenu chauffeur de taxi", figure emblématique de la chute de l'ancien monde... Aux yeux des français le destin des russes s'incarne ainsi dans l'inéluctable déclassement social des anciennes classes dirigeantes, même si quelques réussites remarquables, comme celle de Henri Troyat, l'heureux élu de l'Académie française témoignent d'une intégration consacrée. De fait les russes ont fortement marqué de leur présence les milieux parisiens, intellectuels et artistiques de l'époque, mais cette empreinte, suscitant une perception très élitiste de l'émigration, a contribué à masquer tout ce qu'il en était de "l'autre émigration"
22:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Russie, Emigration russe, Littérature, Culture, Catherine Gousseff
18 octobre 2006
Association pour la conservation des archives de l'émigration russe
L'A.C.A.E.R (Association pour la conservation des archives de l'émigration russe) vient d'être créee.
Cette association a pour but de rassembler les documents de toute nature ayant un rapport avec l'émigration russe, de les conserver, de les mettre à disposition et de les faire connaître au public le plus large.
La création d'un centre d'archives est en cours.
Pour plus d'informations, contactez : Marie Sollogoub, archiviste et présidente de l'association par mail :
acaer@hotmail.fr![]()
Dans l'entre-deux guerres, la France a été le centre de l'émigration russe. Les apports de cette émigration à l'histoire artistique, intellectuelle et culturelle de la France comme de la Russie sont exceptionnels. Pourtant il n'existe toujours pas de lieu de collecte et de conservation de ces archives.
Le projet est déjà soutenu par:
Jacques Ferrand (historien et généalogiste de la noblesse russe), Marina Gorboff (auteur de La Russie Fantôme), Catherine Gousseff (historienne spécialiste de l'émigration russe, CNRS, EHESS), Armelle Le Goff (conservateur en chefau Centre d'histoire des archives nationales, C.H.A.N), Véronique Lossky (professeur émérite de Paris-IV-Sorbonne), Georges Nivat (Université de Genève), Hubert Nyssen (éditions Actes Sud), Ioury Troubnikoff (Président du Zemgor, Président de la Fédération d'associations russes F.A.R) etc...
Pour la réalisation de ses objectifs, l'association se propose de recueillir des témoignages, des documents et tout objet relatif à l'émigration russe et de les mettre à la disposition des personnes intéressées par notre centre d'archives.
09:25 Publié dans Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : émigration russe, acaer, catherine Gousseff, Hubert Nyssen


